En bref : le gazole a commencé à baisser, mais lentement. Il coûte 2,386 €/L en moyenne ce 1er octobre, contre 2,415 €/L au plus haut le 20 septembre. Le Brent est repassé sous les 100 dollars et cette détente n’est pas encore arrivée en totalité à la pompe, ce qui laisse espérer 2 à 3 centimes de moins d’ici la mi-octobre. Rien n’est acquis pour autant : le détroit d’Ormuz n’a toujours pas rouvert normalement, et une rupture des discussions entre Washington et Téhéran ferait repartir les prix.
C’est la question qu’on nous pose le plus en ce moment, sous toutes ses formes : le gasoil va-t-il baisser cette semaine, la semaine prochaine, avant la fin de l’année ? Personne ne peut répondre avec certitude, et méfiez-vous de ceux qui le prétendent. On peut en revanche regarder ce que disent les prix relevés chaque jour dans près de 10 000 stations, ce que fait le baril, et en tirer une fourchette raisonnable.
Photo : Bertrand Soubeyrand, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons. Station TotalEnergies à Casablanca (Maroc), le 10 mai 2026, pendant le blocage du détroit d'Ormuz. Prix affichés en dirhams, image redimensionnée.
Où en est le prix du gazole début octobre
Après six semaines de hausse quasi continue, le gazole a touché son plus haut le 20 septembre, à 2,415 €/L en moyenne nationale. Il redescend depuis, très doucement :
| Date | Gazole | SP95-E10 |
|---|---|---|
| 1er juillet | 1,899 €/L | 1,901 €/L |
| 5 septembre | 2,274 €/L | 2,105 €/L |
| 20 septembre (record) | 2,415 €/L | 2,188 €/L |
| 24 septembre | 2,400 €/L | 2,165 €/L |
| 1er octobre | 2,386 €/L | 2,165 €/L |
Prix moyens nationaux, relevé mon-carburant.com à partir des données officielles.
En onze jours, le gazole a rendu 2,9 centimes. C’est peu à côté des 14 centimes pris pendant les deux semaines précédant le record, et des presque 49 centimes gagnés depuis le 1er juillet. L’essence, elle, a cessé de baisser : le SP95-E10 est stable à 2,165 €/L depuis une semaine. Pour le détail de la flambée de septembre, notre article sur le record à 2,41 €/L reprend la séquence jour par jour.
Ce que fait le baril, et pourquoi c’est lui qui décide
Le prix à la pompe dépend de beaucoup de choses (taxes, marges, coût du transport), mais ce qui bouge d’une semaine à l’autre, c’est le pétrole. Et depuis l’été, le pétrole suit presque exclusivement la situation dans le Golfe.
Le 24 septembre, après l’échec des discussions entre les États-Unis et l’Iran en marge de l’Assemblée générale de l’ONU, le Brent était remonté au-dessus de 105 dollars. Il est retombé sous les 100 dollars dès le 27 septembre, quand les négociations ont repris, et cote autour de 98-99 dollars ce 1er octobre. Téhéran a confirmé avoir reçu une proposition américaine sur la réouverture du détroit d’Ormuz. Aucun accord n’est signé, et le trafic dans le détroit reste inférieur à ce qu’il était avant le conflit.
Deux autres rendez-vous peuvent peser dans les jours qui viennent. Les pays de l’OPEP+ se réunissent ce week-end des 3 et 4 octobre, et les marchés s’attendent à ce qu’ils laissent leurs quotas de production inchangés pour novembre. Et l’automne est la saison où la demande de fioul domestique repart, ce qui a tendance à soutenir le prix du gazole, qui sort des mêmes raffineries.
De combien le gazole peut-il baisser ?
Un baril contient 159 litres. Une baisse de 6 dollars du baril, à peu près ce qu’on a vu entre le 24 septembre et aujourd’hui, représente environ 4 centimes par litre une fois convertie en euros et la TVA ajoutée. Le calcul est grossier, car les distributeurs achètent du gazole raffiné et non du brut, mais il donne un ordre de grandeur.
La pompe a déjà intégré une partie de ce mouvement : 1,4 centime de baisse depuis le 24 septembre. Il resterait donc 2 à 3 centimes à venir, à condition que le baril reste sous les 100 dollars. La répercussion prend en général une à deux semaines, et les baisses passent souvent plus lentement que les hausses.
Pour octobre, trois scénarios se dessinent :
| Scénario | Ce qui se passe | Gazole attendu à la pompe |
|---|---|---|
| Statu quo | Le Brent reste entre 95 et 100 dollars, les discussions traînent | Lente décrue vers 2,35-2,36 €/L à la mi-octobre |
| Accord sur Ormuz | Réouverture progressive du détroit, le baril recule nettement | Baisse plus marquée, visible une à deux semaines après l’annonce |
| Rupture | Échec des négociations ou nouvelles frappes, Brent au-dessus de 105 dollars | Retour vers 2,41 €/L, voire au-delà |
Notre lecture : le premier scénario est le plus probable à court terme, parce que les deux camps continuent de se parler sans que rien ne se débloque. Mais tout le mois de septembre l’a montré, une seule déclaration suffit à faire bouger le baril de 3 ou 4 % dans la journée.
Ce qui ne bougera pas en octobre
Une partie du prix est figée. L’accise et la TVA pèsent à elles deux près d’un euro sur un litre de gazole, soit environ 40 % du prix, et ce montant ne suit pas le baril. Plutôt que de toucher à la fiscalité, le gouvernement a choisi jusqu’ici des aides ciblées : l’aide carburant élargie annoncée le 22 septembre prévoit 100 euros pour octobre-décembre, avec 5,5 millions de Français éligibles.
Le plafond de TotalEnergies, lui, tient toujours : 2,25 €/L pour le gazole et 1,99 €/L pour l’essence. Patrick Pouyanné a promis de le maintenir tant que dure le conflit, tout en prévenant fin août qu’une taxe sur les superprofits pourrait le faire changer d’avis (nous en parlions ici). Le sujet reviendra forcément pendant le débat budgétaire de l’automne, à suivre de près si vous roulez au diesel.
Faut-il attendre pour faire le plein ?
Non, sauf si votre réservoir est encore à moitié plein. La baisse espérée, 2 à 3 centimes, représente 1 à 1,50 euro sur un plein de 50 litres. Rouler sur la réserve pour gagner ça n’a pas beaucoup de sens, surtout avec un risque de remontée.
Le choix de la station pèse beaucoup plus lourd. Voici le prix médian du gazole par enseigne ce 1er octobre :
| Enseigne | Prix médian du gazole | Surcoût sur 50 L par rapport à Total |
|---|---|---|
| TotalEnergies | 2,250 €/L | |
| E.Leclerc | 2,369 €/L | environ 6 € |
| Super U | 2,386 €/L | environ 7 € |
| Auchan | 2,389 €/L | environ 7 € |
| Intermarché | 2,393 €/L | environ 7 € |
| Carrefour | 2,400 €/L | environ 7,50 € |
| Esso | 2,429 €/L | environ 9 € |
Prix médians calculés sur les stations de chaque enseigne ayant publié un prix gazole, données du 1er octobre 2026.
Sur le gazole, une station TotalEnergies fait donc gagner davantage en un plein que toute la baisse espérée sur le mois. Seules 37 stations TotalEnergies sur plus de 1 000 affichent un gazole au-dessus du plafond dans nos relevés : vous pouvez vérifier celles de votre secteur ou passer par notre comparateur de prix du gazole pour trouver la moins chère autour de vous.
Côté grande distribution, aucune opération prix coûtant n’est annoncée pour l’instant. Les vacances de la Toussaint, qui commencent le 17 octobre, sont une période que les enseignes ont déjà choisie par le passé. Nous tenons à jour la page des opérations prix coûtant au fil des annonces.
Ce qu’il faut retenir
Le gazole baisse depuis le 20 septembre, mais d’à peine 3 centimes, et il reste près de 49 centimes plus cher qu’au début de l’été. Avec un Brent sous les 100 dollars, quelques centimes de plus peuvent tomber d’ici la mi-octobre. Au-delà, tout dépend du détroit d’Ormuz : un accord ferait nettement baisser les prix, un échec les ferait remonter vers le record. Nous mettons cet article à jour chaque semaine avec les derniers relevés, et le prix moyen des carburants en France est suivi au jour le jour sur notre page dédiée.
Article publié le 1er octobre 2026. Prix moyens nationaux et prix médians par enseigne calculés à partir de nos relevés sur 9 805 stations, issus des données officielles de prix-carburants.gouv.fr. Cours du Brent : Trading Economics.
- Gazole2.363 €/L
- SP952.228 €/L
- SP982.278 €/L
- E102.171 €/L
Questions fréquentes
- Un peu, probablement. Le Brent est passé d'environ 105 dollars le 24 septembre à 98-99 dollars le 1er octobre, et cette baisse n'est pas encore entièrement répercutée à la pompe. Si le baril reste sous les 100 dollars, le gazole peut encore perdre 2 à 3 centimes d'ici la mi-octobre. Un échec des discussions sur le détroit d'Ormuz suffirait à inverser la tendance.
- Le 1er octobre 2026, le gazole coûte en moyenne 2,386 €/L en France, d'après notre relevé quotidien établi à partir des données officielles. C'est 2,9 centimes de moins que le record du 20 septembre (2,415 €/L), mais près de 49 centimes de plus qu'au 1er juillet.
- En général une à deux semaines. Les distributeurs achètent le gazole sur le marché de gros, dont le prix suit le pétrole brut avec un léger décalage, puis écoulent leurs stocks. Les baisses passent souvent un peu plus lentement que les hausses.
- Ce n'est pas utile. La baisse attendue, 2 à 3 centimes par litre, représente 1 à 1,50 euro sur un plein de 50 litres. Choisir la bonne station fait gagner bien plus : en ce moment, les stations TotalEnergies plafonnées à 2,25 €/L sont environ 12 centimes moins chères que la médiane des Leclerc.
- Aucune n'est annoncée au 1er octobre. Les enseignes de la grande distribution ont souvent choisi les départs en vacances pour ces opérations, et celles de la Toussaint commencent le 17 octobre. Nous mettons à jour notre page prix coûtant dès qu'une enseigne communique.