C’est un geste qui attend son retour. Samedi 29 août 2026, Patrick Pouyanné a annoncé au micro de France Inter que le plafonnement des prix serait maintenu dans les stations TotalEnergies, cette fois sans échéance fixe : la mesure durera “tant que le conflit [au Moyen-Orient] durera”, a expliqué le PDG. Mais l’annonce n’est pas sans condition. Interrogé sur une éventuelle taxe sur les superprofits pétroliers, Patrick Pouyanné a laissé entendre qu’il pourrait, dans ce cas, renoncer au plafonnement.
Ce qu’a dit Patrick Pouyanné sur France Inter
Jusqu’ici, TotalEnergies avait toujours borné ses annonces de plafonnement dans le temps : une date de retour, des week-ends précis de grands départs, une échéance liée au calendrier estival. Le 29 août 2026, le ton a changé. Le dispositif reste fixé à 1,99 €/L pour l’essence (SP95 et SP98) et 2,25 €/L pour le gazole, mais sa durée n’est plus calée sur un calendrier fixe : elle dépend désormais uniquement de l’évolution du conflit au Moyen-Orient. Concrètement, cela signifie que le plafond pourrait rester en place plusieurs mois, ou être levé du jour au lendemain si les tensions internationales se dénouaient.
Cette formulation ouverte donne au groupe une marge de manoeuvre confortable : il n’a plus à justifier chaque prolongation par une nouvelle annonce, et peut ajuster sa communication au gré de l’actualité géopolitique.
La menace liée à la taxe sur les superprofits
C’est la partie la plus commentée de l’intervention. Patrick Pouyanné a assuré qu’en cas de taxe sur les superprofits, TotalEnergies pourrait renoncer au plafonnement. Le message est clair : le geste commercial envers les automobilistes n’est pas inconditionnel, il est aussi une monnaie d’échange dans le débat fiscal qui oppose régulièrement le gouvernement aux grandes compagnies pétrolières depuis les flambées de prix de ces dernières années.
L’idée d’une taxe sur les superprofits revient périodiquement dans le débat public, portée par des responsables politiques qui pointent les bénéfices records engrangés par le secteur pétrolier lors des pics de tension internationale. Aucune taxe de ce type n’a pour l’instant été votée en France, mais la menace formulée par le PDG de TotalEnergies illustre la pression que le groupe entend exercer si le sujet revenait sur la table.
Des prix à la pompe toujours sous tension
L’annonce intervient alors que les prix hors plafond continuent de grimper. En moyenne nationale, le litre de SP95-E10 s’établit désormais à 2,036 €, le SP98 à 2,131 € et le gazole à 2,219 €. Cette hausse reste imputable à la guerre au Moyen-Orient : une amélioration avait pourtant été relevée cet été, une accalmie qui avait fait reculer le cours du pétrole, une bonne nouvelle pour les vacanciers. Mais en cette rentrée, la situation reste instable, et les prix sont repartis à la hausse.
Dans ce contexte, le plafond TotalEnergies à 1,99 €/L pour l’essence reste nettement en dessous des prix moyens constatés sur le reste du marché, un écart d’environ 4 à 14 centimes selon le carburant. Pour le gazole, l’écart est plus resserré : le plafond à 2,25 €/L reste au-dessus du prix moyen actuel de 2,219 €/L, ce qui limite pour l’instant son intérêt pratique sur ce carburant précis, sauf dans les zones où les prix locaux dépassent la moyenne nationale.
Ce qu’il faut retenir
Le plafonnement TotalEnergies entre dans une nouvelle phase : plus durable dans son principe, puisqu’il n’a plus de date d’expiration annoncée, mais plus fragile politiquement, puisqu’il dépend désormais explicitement d’un choix fiscal qui n’appartient pas au groupe. Pour l’automobiliste, le réflexe reste le même : comparer les prix avant de faire le plein, plafond ou pas. Notre comparateur en temps réel référence plus de 11 000 stations-service en France, TotalEnergies comprises, mises à jour quotidiennement à partir des données officielles.
- Gazole2.227 €/L
- SP952.104 €/L
- SP982.158 €/L
- E102.069 €/L
Questions fréquentes
- Samedi 29 août 2026, le PDG de TotalEnergies a annoncé au micro de France Inter que le plafonnement des prix (1,99 €/L pour l'essence, 2,25 €/L pour le gazole) serait maintenu tant que durera le conflit au Moyen-Orient. Il n'a donc fixé aucune date de fin, contrairement aux précédentes annonces du groupe qui évoquaient des périodes plus courtes.
- Patrick Pouyanné a averti que le groupe pourrait renoncer au plafonnement si une taxe sur les superprofits pétroliers venait à être instaurée par le gouvernement. Le dispositif, présenté comme un geste envers les automobilistes, est ainsi explicitement conditionné à l'absence d'une telle mesure fiscale, ce qui en fait aussi un argument dans le débat sur la taxation des bénéfices du secteur.
- En moyenne nationale, les automobilistes paient actuellement 2,036 €/L pour le SP95-E10, 2,131 €/L pour le SP98 et 2,219 €/L pour le gazole. Ces prix restent supérieurs au plafond TotalEnergies pour l'essence (1,99 €/L), et proches du plafond gazole (2,25 €/L).
- Il s'agit d'un prélèvement exceptionnel envisagé sur les bénéfices jugés excessifs des grandes compagnies pétrolières, réalisés notamment lorsque les cours du pétrole grimpent fortement. L'idée revient régulièrement dans le débat public depuis les flambées de prix liées aux tensions internationales, sans qu'une telle taxe n'ait pour l'instant été votée en France.
- La hausse reste imputable à la guerre au Moyen-Orient. Une amélioration avait été constatée cet été, une accalmie qui avait fait reculer le cours du pétrole au bénéfice des vacanciers, mais la situation reste instable à la rentrée, ce qui a suffi à faire remonter les prix à la pompe.