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**En bref :** Depuis le 27 août 2026, un arrêté oblige les pompes de SP95, SP98 et SP95-E10 à afficher "Contient des additifs métalliques" lorsque le carburant contient du manganèse, un additif utilisé pour augmenter l'indice d'octane. La teneur est plafonnée à 2 mg/L. Rien d'alarmant pour votre moteur, mais l'occasion de comprendre ce qui se cache vraiment dans le réservoir.

Vous avez peut-être remarqué, ces derniers jours, un petit autocollant ou une mention à l’écran qui n’était pas là avant, du genre “Contient des additifs métalliques”. Pas de panique, votre station n’a rien changé à sa recette. C’est la loi qui a changé, et depuis le 27 août 2026, elle oblige certaines pompes à dire ce qu’elles disent depuis toujours dans les petites lignes : que le carburant contient parfois un ingrédient chimique dont personne ne parle jamais, le manganèse.

Photo : Syced, domaine public (CC0), via Wikimedia Commons.

Cet article, rédigé par Hugo Beignon, explique d’où vient cette mention, ce qu’elle signifie concrètement et si elle doit vous inquiéter.

Un arrêté publié au Journal officiel le 26 août

Le texte à l’origine de ce changement date du 22 juillet 2026. Il a été publié au Journal officiel le 26 août et s’applique depuis le lendemain, le 27 août. Son objet : moderniser les caractéristiques réglementaires des gazoles et des supercarburants sans plomb vendus en France, pour les aligner sur deux normes européennes révisées en juillet 2025, la NF EN 228 pour l’essence et la NF EN 590 pour le gazole.

Parmi les nouveautés du texte, l’article 8 impose que tout appareil distribuant du sans-plomb 95, du sans-plomb 98 ou du SP95-E10 contenant des additifs métalliques affiche la mention “Contient des additifs métalliques” de façon visible et lisible. Le même arrêté fixe aussi, pour le gazole, un nombre maximal de particules au point de certification, une exigence plus technique qui vise surtout les raffineurs et n’a pas d’incidence directe pour l’automobiliste au quotidien.

Ce qui frappe, c’est que l’obligation d’affichage n’a en réalité rien d’inédit. Elle figurait déjà dans un arrêté du 10 décembre 2010, mais elle était restée lettre morte dans la plupart des stations pendant quinze ans. Le texte de 2026 la remet simplement en lumière, avec un cadre technique plus précis.

Le manganèse, un vieux compagnon de l’essence sans plomb

Pour comprendre pourquoi cette mention existe, il faut remonter aux années 1970. À cette époque, le plomb tétraéthyle joue un rôle essentiel dans l’essence : il augmente l’indice d’octane, ce qui limite le cliquetis du moteur, et il lubrifie les sièges de soupapes des moteurs de l’époque. Quand les autorités sanitaires commencent à retirer le plomb de la circulation, à cause de sa toxicité, il faut trouver un remplaçant capable d’assurer le même rôle antidétonant.

Le manganèse, sous la forme d’un composé appelé MMT (méthylcyclopentadiényle tricarbonyle de manganèse), devient l’une des solutions retenues par certains raffineurs. Il agit sur le même principe que le plomb, en stabilisant la combustion, mais sans les mêmes conséquences directes sur les émissions de plomb dans l’air. L’essence sans plomb telle qu’on la connaît aujourd’hui peut donc, encore en 2026, contenir des traces de cet additif, dans des proportions très encadrées.

L’arrêté du 22 juillet 2026 fixe précisément cette limite : 2 milligrammes de manganèse par litre, aussi bien pour le SP95, le SP98 que pour le SP95-E10. C’est une teneur minime, sans comparaison avec les dosages en plomb utilisés avant les années 1990.

Faut-il s’inquiéter pour son moteur ou pour sa santé

À ce niveau de concentration, non. Le plafond de 2 mg/L a été fixé précisément pour éviter les effets indésirables qu’on prête parfois au manganèse à haute dose, en particulier son encrassement potentiel des bougies et des systèmes de dépollution comme les sondes lambda ou les pots catalytiques. Aucune donnée récente ne montre qu’un carburant conforme à cette limite abîme un moteur moderne ou dégrade ses performances.

Le vrai changement, c’est surtout la transparence. Jusqu’ici, un automobiliste n’avait aucun moyen simple de savoir si le carburant qu’il mettait dans son réservoir contenait ce type d’additif. Désormais, l’information est censée figurer directement sur la pompe, au même titre que l’indice d’octane ou la teneur en biocarburant. Dans les faits, la mention reste encore rare sur le terrain, car beaucoup de raffineurs français n’utilisent plus ce type d’additif ou l’ont abandonné au profit d’autres solutions pour ajuster l’indice d’octane.

Ce qu’il faut retenir en pratique

Si vous croisez cette mention à la pompe, elle ne change rien à votre façon de faire le plein. Vous pouvez continuer à utiliser normalement votre SP95, votre SP98 ou votre E10, quel que soit l’âge de votre véhicule. La seule différence, c’est que la composition exacte du carburant devient un peu plus lisible, dans un secteur où l’automobiliste a rarement accès au détail de ce qu’il achète.

Pour aller plus loin sur les différences entre les carburants distribués en France, notre guide complet SP95 vs SP98 détaille les écarts d’indice d’octane et leur impact réel sur le moteur.

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Évolution du prix moyen à la pompe : Gazole, SP95, SP98, E10 en France du 1 juil. au 2 sept. (62 jours, source data.economie.gouv.fr, mise à jour quotidienne).
2.27 €1.86 €1 juil.2 sept.
  • Gazole2.227 €/L
  • SP952.104 €/L
  • SP982.158 €/L
  • E102.069 €/L

Questions fréquentes