Michel-Édouard Leclerc n’a pas cherché à faire peur, mais le chiffre qu’il a lâché vendredi 5 septembre 2026 sur LCI a fait le tour des rédactions : les professionnels du secteur se préparent, selon lui, à voir le litre de carburant grimper jusqu’à 2,40 euros. Un niveau jamais atteint, qu’il n’exclut pas mais ne confirme pas non plus.
Ce qu’a dit Michel-Édouard Leclerc sur LCI
Interrogé sur l’évolution des prix à la pompe dans le contexte des tensions au Moyen-Orient, le président du comité stratégique des centres E.Leclerc a commencé par admettre son impuissance : “Je suis incapable de tracer une perspective sur les prix des carburants.” Une phrase inhabituelle de la part d’un distributeur qui a longtemps pesé, à force de campagnes de prix coûtant, sur la formation des prix en France.
C’est dans ce contexte qu’il a évoqué le seuil des 2,40 euros le litre, avant de tempérer aussitôt : “Peut-être que tout ça ne va pas arriver.” Il a précisé raisonner “dans les eaux maximales”, avec une marge de fluctuation “à 20 centimes d’euro près”. Les prix pourraient donc encore grimper de 20 centimes, ou refluer d’autant, selon la tournure que prendront les événements.
Pourquoi une telle incertitude
Cette prudence s’explique par le contexte géopolitique. Les hostilités entre les États-Unis et l’Iran autour du détroit d’Ormuz, par où transite une part importante du pétrole mondial, entretiennent depuis des mois une volatilité que les professionnels eux-mêmes peinent à anticiper. Nous avions détaillé ce mécanisme lors du premier pic de prix : quand ce passage maritime stratégique se retrouve fragilisé, le cours du Brent réagit presque aussitôt, avant même qu’un baril supplémentaire ne vienne réellement à manquer sur le marché.
Un garde-fou fiscal, mais pas de garantie
Michel-Édouard Leclerc a tout de même esquissé une limite : “Il y a un seuil où les pouvoirs publics seront obligés, si ça durait et que c’était trop fort, de diminuer un peu la taxation des carburants.” Le gouvernement a déjà montré qu’il pouvait bouger sur ce terrain en reconduisant des aides ciblées sur le carburant pour la fin de l’année 2026. Ce garde-fou fiscal n’a toutefois rien d’automatique : il dépendrait d’une décision politique prise dans l’urgence, sans garantie qu’elle arrive à temps pour amortir un premier choc sur les prix.
Où en sont les prix aujourd’hui
Le jour même de sa déclaration, le litre de SP95-E10 s’affichait en moyenne à 2,090 euros, son plus haut niveau depuis le début du conflit, et le gazole à 2,259 euros. Pour atteindre les 2,40 euros évoqués par Michel-Édouard Leclerc, il manquerait donc environ 31 centimes sur l’essence et 14 centimes sur le gazole, un écart qui reste dans l’ordre de grandeur de la marge de fluctuation qu’il a lui-même mentionnée.
Sur le gazole, l’écart est déjà resserré. TotalEnergies maintient de son côté un plafond à 2,25 €/L pour ce carburant dans ses propres stations, un dispositif qu’il a menacé de suspendre en cas de taxe sur les superprofits, ce qui limite la protection qu’il offrirait face à un scénario à 2,40 euros.
Ce qu’il faut retenir
Rien n’est encore joué : Michel-Édouard Leclerc le dit lui-même, ce scénario à 2,40 euros n’est qu’une hypothèse parmi d’autres, pas une prévision ferme. L’avertissement mérite tout de même d’être pris au sérieux venant d’un acteur qui pèse sur les prix à la pompe depuis des décennies. En attendant d’y voir plus clair, comparer les prix reste le seul levier vraiment entre les mains des automobilistes. Notre comparateur en temps réel référence plus de 11 000 stations-service en France, mises à jour quotidiennement à partir des données officielles.
- Gazole2.305 €/L
- SP952.172 €/L
- SP982.225 €/L
- E102.129 €/L
Questions fréquentes
- Le vendredi 5 septembre 2026 sur LCI, le président du comité stratégique des centres E.Leclerc a expliqué que les professionnels du secteur se préparent à voir le litre de carburant atteindre 2,40 euros. Il a aussitôt nuancé en ajoutant : peut-être que tout ça ne va pas arriver. Il a aussi reconnu être incapable de tracer une perspective fiable sur les prix, vu l'instabilité de la situation internationale.
- Rien n'est certain. Michel-Édouard Leclerc a lui-même présenté ce chiffre comme un scénario possible, pas comme une prévision. Il évoque une marge de fluctuation d'environ 20 centimes autour des prix actuels, à la hausse comme à la baisse, selon l'évolution du conflit entre les États-Unis et l'Iran.
- L'incertitude vient des tensions autour du détroit d'Ormuz, un passage stratégique pour le transport du pétrole mondial. Les hostilités entre les États-Unis et l'Iran font régulièrement bondir le cours du Brent, avec des répercussions rapides sur les prix à la pompe en France.
- Michel-Édouard Leclerc évoque un seuil au-delà duquel les pouvoirs publics seraient obligés de réduire un peu la taxation des carburants si la hausse durait. Ce n'est toutefois pas une mesure automatique : elle dépendrait d'une décision politique. Le gouvernement a déjà reconduit des aides ciblées sur le carburant pour la fin d'année 2026, sans toucher pour l'instant à la fiscalité générale.
- Le jour de la déclaration de Michel-Édouard Leclerc, le SP95-E10 s'affichait en moyenne à 2,090 €/L, son plus haut niveau depuis le début du conflit, et le gazole à 2,259 €/L. Pour atteindre 2,40 €/L, il manquerait environ 31 centimes sur l'essence et 14 centimes sur le gazole.