Le répit aura duré un mois. Depuis début juillet 2026, le gazole a repris 10,7 centimes et le SP95-E10 4,3 centimes, avec un bond particulièrement net le week-end du 8 juillet. La détente entamée en juin, quand les négociations entre Washington et Téhéran avaient fait refluer les prix sous la barre des 2 euros, s’est arrêtée net. Voici ce qui s’est passé et ce que ça change à la pompe.
Ce qui s’est passé le week-end du 8 juillet
Les chiffres racontent une histoire simple. Le 7 juillet, le gazole s’établissait encore à 1,909 €/L en moyenne nationale. Trois jours plus tard, le 10 juillet, il grimpait à 1,966 €/L : près de 6 centimes en un week-end, ce qui ne relève pas d’une fluctuation ordinaire. Le mouvement s’est poursuivi la semaine suivante, jusqu’à 2,006 €/L le 15 juillet.
Le SP95-E10 a suivi la même trajectoire, en plus doux : de 1,902 €/L le 1er juillet à 1,945 €/L le 15, avec lui aussi une accélération marquée autour du 10 juillet. Le SP98 grimpe légèrement (2,000 à 2,024 €/L), et fait exception : le GPL-c, lui, a même reculé sur la période (1,061 à 1,050 €/L), signe que le choc ne touche pas tous les carburants de la même façon.
Le lien avec les tensions internationales
Ce calendrier n’est pas anodin. Début juillet, un regain de tensions dans les zones de production et de transit du pétrole a suffi à remettre une prime de risque sur le cours du Brent, la référence européenne. Le mécanisme est le même qu’en mars dernier, en plus contenu : dès qu’une menace pèse sur une part de l’offre mondiale, les marchés réagissent avant même qu’une pénurie réelle ne se matérialise, et le prix du baril grimpe pour tout le monde, quelle que soit l’origine du pétrole qui finira dans un réservoir français.
La détente de juin reposait justement sur l’inverse : des négociations qui avançaient, une prime de risque qui se dégonflait, un Brent qui refluait. Il suffit que ce fil se rompe pour que le mouvement reparte en sens contraire, avec le décalage habituel de quelques jours entre le marché du brut et l’affichage en station.
Pourquoi le gazole encaisse plus fort
Ce n’est pas un hasard si le gazole prend plus cher que l’essence sur cette séquence. Il dépend davantage d’importations liées, directement ou non, aux zones sous tension, contrairement au SP95 et au SP98, dont l’approvisionnement est un peu plus diversifié. Résultat : à chaque nouvelle poussée géopolitique depuis 2025, le gazole encaisse en premier, et parfois plus fort.
Ce que ça change, concrètement
Sur un plein de 50 litres de gazole, la hausse depuis le 1er juillet représente déjà un peu plus de 5 euros. Ce n’est pas la flambée de mars, loin de là, mais ça referme une fenêtre qui s’était ouverte en juin, quand une station sur trois affichait du SP95-E10 sous 2 euros. Cette fenêtre-là s’est visiblement refermée mi-juillet.
Reste à savoir si ce regain de tensions s’apaise aussi vite qu’il est arrivé, ou s’il installe les prix sur un plateau plus haut pour l’été. Pour l’instant, rien ne permet de trancher, et nous mettrons cet article à jour dès que la tendance se confirmera dans un sens ou dans l’autre. En attendant, comparer les stations avant de faire le plein reste le geste qui pèse le plus lourd sur la facture, surtout en période de tension sur les prix : notre comparateur en temps réel référence plus de 11 000 stations, mises à jour quotidiennement à partir des données officielles.
- Gazole2.072 €/L
- SP952.008 €/L
- SP982.065 €/L
- E101.982 €/L
Questions fréquentes
- Parce que la détente amorcée en juin 2026, portée par les négociations entre les États-Unis et l'Iran, s'est interrompue début juillet. Un regain de tensions internationales a ramené une prime de risque sur le baril de Brent, et cette hausse s'est répercutée à la pompe en quelques jours, avec un bond particulièrement net le week-end du 8 juillet 2026.
- Entre le 1er et le 15 juillet 2026, le gazole est passé de 1,899 à 2,006 €/L en moyenne nationale, soit une hausse de 10,7 centimes. Le SP95-E10 a suivi plus modestement, de 1,902 à 1,945 €/L (+4,3 centimes), tout comme le SP98, de 2,000 à 2,024 €/L. Source : relevés quotidiens agrégés depuis prix-carburants.gouv.fr.
- Le gazole reste plus exposé aux à-coups du marché parce que la France en importe une part plus importante que l'essence, notamment depuis la Russie et les raffineries du Moyen-Orient via des circuits indirects. Un regain de tensions dans ces zones pèse donc en premier sur son prix de revient, avant de se diffuser aux autres carburants.
- Rien ne l'indique pour l'instant. La hausse de juillet reste, à ce stade, d'une ampleur très inférieure au choc du détroit d'Ormuz en mars 2026, qui avait fait bondir le Brent de 10 à 13 % en quelques jours. Mais la mécanique est la même : tout dépend de l'issue des tensions en cours, et cet article sera mis à jour si la situation évolue nettement.